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Beate
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Posté le: 14. Fév 2008, 20:53 |
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| Citation: | COMMUNIQUE DE PRESSE / INVITATION PRESSE
DOSSIER DU NUAGE DE TCHERNOBYL
Auteurs: Dr Gabrielli, Dr Fauconnier, Jean-Charles CHATARD, tous les trois membres du groupe de travail "Tchernobyl" à l'Assemblée de Corse.
Préambule: Le 10 avril 2006, l'Assemblée de Corse votait, à l'unanimité de ses 51 membres, une motion considérant deux points particuliers:
- que l'inertie observée dans cette affaire (Tchernobyl) et l'absence de réponse fiable apportée, depuis des années, aux légitimes interrogations des élus, sont de nature à alimenter une compréhensible suspicion à l'égard des autorités publiques et des administrations en charge du problème.
- que devant une telle situation, il paraît nécessaire de missionner une structure indépendante, après avoir procédé à un appel d'offre européen, pour réaliser enfin une véritable enquête sur les conséquences sanitaires, dans l'île, de la catastrophe de Tchernobyl.
Lors de ce vote, l'Assemblée de Corse prenait les deux dispositions suivantes:
- faire réaliser, par une structure indépendante désignée après un appel d'offre européen, une enquête épidémiologique sur les retombées en Corse de la catastrophe de Tchernobyl.
- créer un groupe de travail composé d'élus de l'Assemblée de Corse et de personnalités qualifiées, publiques et indépendantes, lequel groupe sera chargé d'élaborer un cahier des charges et d'en estimer les coûts.
Plusieurs personnalités de la société civile insulaire ont été désignées pour apporter leur concours au sein de ce groupe de travail dont:
- Dr Laurence GABRIELLI, endocrinologue
- Dr Denis FAUCONNIER, médecin généraliste
- Jean-Charles CHATARD, journaliste
Notre réflexion: Après un an et demi de présence au sein de la commission dite "des retombées de Tchernobyl", nous considérons, Docteur Gabrielli, Docteur Fauconnier et Jean-Charles Chatard, qu'il est nécessaire que la population insulaire soit informée sur le fait que le dossier "Tchernobyl" ne progresse pas... Pire, la démarche initiée par les élus insulaires nous semble prendre aujourd'hui une tournure désastreuse pour l'intérêt des malades insulaires. Alors, est-ce une volonté délibérée voire concertée de certains élus pour fuir leur propre responsabilité et ainsi enterrer un dossier sanitaire sensible pour l'Etat?
A ce jour, il nous est impossible de répondre à leur place, mais nous prenons acte des réunions suivantes:
- le 12 juin 2006, séance d'installation à l'Assemblé de Corse:
Au cours de la première réunion, la présence de la presse est acceptée pour suivre l'intégralité des travaux.
Malgré la demande unanime d'une enquête épidémiologique indépendante, le Président de l'Assemblée de Corse prend une initiative surprenante: la participation de l'INSERM (dont faisait partie le SCPRI du Pr Pellerin) et celle de l'ORS Corse. Juste une petite précision, ce sont ces deux organismes de santé publique qui étaient déjà au cœur de la polémique en avril 1986...
Le Président de l'Assemblée de Corse fait état d'une vaste étude épidémiologique nationale entreprise par l'INSERM sur les cancers de la thyroïde. Il suggère la possibilité de rejoindre celle-ci ou de s'en dissocier. Pour notre part, le simple fait d'évoquer cette étude* ne nous convenait pas car son manque d'indépendance pouvait gravement discréditer l'objectif du groupe de travail...
- le lundi 10 juillet 2006, deuxième réunion dans l'hémicycle de la CTC:
Le Président de l'Assemblée de Corse ouvre les discussions en donnant directement la parole au directeur national de l'Institut National de Veille Sanitaire. Le représentant du Ministère de la Santé nous expose les résultats d'une enquête épidémiologique réalisée en Corse sur les cancers de la thyroïde de 1998 à 2001. Malgré son manque d'antériorité et une hausse avérée du cancer chez l'homme, nous apprenons que cette étude n'a pas pris en compte le lieu de résidence des malades en 1986... Par ailleurs, l'INVS propose son protocole pour une enquête épidémiologique et souhaite un travail en partenariat avec les adjudicataires de l'appel d'offre.
Sur le même registre, le directeur de l'unité 605 de l'INSERM nous expose la méthodologie de son étude sur les cancers de la thyroïde lancée dans l'est de la France. Objectif: répondre à l'appel d'offre de la CTC.
Nous avons fait remarquer au Président de l'Assemblée de Corse qu'une enquête judiciaire était en cours depuis mars 2001... L'INSERM et l'INVS ont confirmé au groupe de travail que leurs services respectifs avaient fait l'objet de perquisitions. Alors, était-il judicieux de prendre en compte les propositions de ces deux organismes* déjà au cœur du mensonge d'Etat en 1986?
* A noter que la motion votée évoque "une compréhensible suspicion à l'égard des autorités publiques".
Nous avons proposé l'ouverture URGENTE d'un registre des cancers, un outil indispensable pour suivre l'évolution des pathologies malignes dans l'île. La majorité des membres du corps médical, de nombreux élus (conseillers territoriaux, conseillers généraux, députés) et la population réclament depuis vingt ans son ouverture mais il a toujours été refusé par le Ministère de la Santé. Pourtant, sa mise en place est aisée pour des raisons géographiques (c'est déjà le cas dans d'autres îles françaises comme la Martinique et la Réunion) et financières (équivalent à l'aménagement d'un petit rond point) . Son cahier des charges est certes très codifié mais il est facile à mettre en œuvre autour d'un médecin épidémiologiste.
Nous avons proposé de poursuivre l'inventaire et l'analyse des cancers thyroïdiens survenus en Corse depuis 1984. Dans la mesure où l'on constate une augmentation spectaculaire des affections thyroïdiennes bénignes (thyroïdites, nodules, goitres), il est indispensable de comparer les générations nées "avant et après" la catastrophe de Tchernobyl. Notre proposition d'une étude des pathologies thyroïdiennes "autres que celles du cancer" a été contestée par l'INVS et l'INSERM...
- du 15 au 19 juillet 2006, visite ministérielle de Xavier Bertrand en Corse:
Le Ministre de la Santé s'engage officiellement devant les élus territoriaux sur l'ouverture d'un registre des cancers, soit une première dans l'île...
- le mercredi 20 décembre 2006, 3ème réunion à Bastia:
Nous constatons que les débats sont présidés par le Vice-président de l'Assemblée de Corse et que l'Institut National de Veille Sanitaire est toujours présente autour de la table....Les discussions sont centrées sur les modalités techniques du cahier des charges.
Au niveau des objectifs, il est convenu de cibler trois volets principaux: les cancers thyroïdiens, les pathologies bénignes et les effets du césium 137, un radionucléide dont la durée de vie est égale à 300 ans.
Au niveau de la méthode: construire dans l'immédiat un système de recueil des données (commençant par l'installation du registre des cancers) et élargir progressivement l'enquête de façon à englober l'ensemble des principales incidences de contamination.
Au niveau du calendrier, affiner l'analyse pendant un ou deux mois puis saisir l'Assemblée, pour parvenir à une décision effective à la fin du prochain semestre 2007.
- le mardi 13 mars 2007, 4ème réunion à Bastia:
Le groupe de travail auditionne le Docteur Annie Sasco, épidémiologiste de renom, sur la faisabilité d'une enquête épidémiologique ciblant principalement certains cancers liés aux contaminations radioactives. Lors de cette intervention, nous retenons les deux points suivants:
- la première chose à faire, selon Annie Sasco, est de mettre en place un registre du cancer. Outre le cancer de la thyroïde, un autre cancer possible lié aux retombées de la catastrophe de Tchernobyl est le cancer du sein. Un tel registre pourrait fonctionner avec un médecin coordonnateur, deux assistants et un secrétariat. Son coût approximatif: 200 000 euros / an.
Une partie des patients vont se faire soigner dans des villes du continent, un tel dispositif de suivi doit être mis en place pour ceux-ci.
Le registre du cancer serait un investissement pour le futur. Dans l'immédiat le cancer de la thyroïde doit, selon elle, faire l'objet d'un examen prioritaire de type "cas témoins" comparant des cas de personnes ayant un cancer de la thyroïde avec d'autres n'en ayant pas eu. Pour cela, il conviendrait de s'assurer de la collaboration de médecins spécialistes (endocrinologues, médecins nucléaires, etc...). Un questionnaire pourrait être transmis aux personnes enquêtées pour préciser leur lieu de résidence, leurs types d'aliments consommés...
- en raison de la faiblesse de la population, Annie Sasco propose la mise en place d'une structure commune entre la Corse et la Sardaigne.
A notre grand étonnement, nous retrouvons la présence de deux membres de l'INVS et le Directeur de l'ORS Corse. La tâche de ceux-ci est de contester systématiquement nos propositions destinées à faire progresser le dossier... Plus surprenant, nous apprendrons par la suite, de la bouche du Vice-président de l'Assemblée de Corse, que l'INVS et l'ORS Corse n'étaient pas invités à cette réunion de travail....Curieux!!!
Jean-Guy Talamoni déplore la façon dont la commission poursuit ses travaux. Il lui semble indispensable que le groupe de travail tienne une réunion avec ses seuls membres, conseillers à l'Assemblée de Corse. Objectif: concrétiser les modalités du lancement d'un appel d'offre européen auquel ne devra pas participer l'INSERM (qui se trouve être sous la tutelle de deux Ministères).
Le Vice-président de l'Assemblée de Corse indique que le cahier des charges de l'appel d'offres devra bien préciser ce qui est attendu de la nouvelle étude à réaliser: la composition du nuage radioactif, le type de radionucléide; l'indication des pathologies que l'enquête aura à suivre et à examiner; l'évaluation fiable des doses constatées en Corse. Enfin, il avance que le groupe de travail devrait être en mesure de proposer un cahier des charges avant la fin du premier semestre 2007.
- Le mardi 17 juillet 2007, 5ème réunion à Bastia.
Il est à noter que les membres de l'INSERM, de l'INVS et de l'ORS Corse ne sont plus conviés à participer au moindre tour de table.
A l'issue de cette journée de travail, il ressort les points suivants:
- une première phase consistera à faire analyser par un expert indépendant la composition du nuage et ses retombées (les éléments radioactifs contenus, leur impact sanitaire potentiel, la dosimétrie individuelle enregistrée dans les différentes parties de l'île).
- dans une seconde phase, l'enquête épidémiologique se composera d'une partie descriptive (toutes les pathologies observées, du cancer...au nodule) et d'une partie analytique (mettant en relation celles-ci avec les facteurs "doses"), un travail devant être nécessairement confié à une équipe distincte.
Le Vice-président de l'Assemblée de Corse demande aux personnalités qualifiées de faire parvenir leurs contributions techniques au Secrétariat Général de l'Assemblée, de façon à pouvoir discuter à la rentrée sur le projet de cahier des charges.
Nous avons envoyé nos contributions* et depuis plus rien.....
DEPUIS 7 mois, nous n'avons eu aucune communication sur nos contributions destinées à compléter l'appel d'offre européen.
DEPUIS 7 mois, l'Assemblée de Corse n'a pris aucune initiative pour organiser une nouvelle réunion de travail.
DEPUIS 7 mois, personne (et encore moins la presse) n'a été informé sur l'évolution du dossier.
DEPUIS 17 mois et les promesses du Ministre de la Santé, l'Etat n'a pris aucune mesure concrète pour mettre en œuvre un registre des cancers dans l'île.
Considérant que le dossier "Tchernobyl" a été pollué pendant des mois par les services sanitaires de l'Etat, qui étaient déjà aux commandes à l'époque de la catastrophe en avril 1986,
Considérant que les trois quarts des élus, désignés pour siéger dans ce groupe de travail, n'ont jamais participé à la moindre réunion,
Considérant que nos contributions techniques n'ont pas servi à alimenter l'appel d'offre européen qui s'avère être aujourd'hui une coquille vide,
Considérant que la CTC n'a pas jugé utile d'exploiter les qualifications d'Annie Sasco
Considérant que les promesses "non tenues" du Ministre de la Santé, sur l'ouverture d'un registre des cancers, n'émeuvent pas beaucoup les membres de l'Assemblée de Corse,
Considérant que ce type de dossier d'intérêt collectif concerne tous les Corses et pas seulement les intérêts politiques de certains élus.
Nous demandons clairement à l'Assemblée de Corse de tenir une réunion de toute urgence, et ceci dans les quinze jours, pour apporter à la population insulaire une réponse concrète sur:
- la "poursuite" ou "non" du projet relatif à une enquête épidémiologique indépendante
- sur le lancement définitif de l'appel d'offres européen
- sur la mise en oeuvre d'un registre des cancers
Notre démarche est citoyenne, non partisane, apolitique et étrangère au calendrier électoral de ces prochaines semaines.
Si aucune réponse n'est apportée dans ce délai de quinze jours, nous prendrons nos propres responsabilités et nous retirerons définitivement de ce groupe de travail.
Nous convions donc les journalistes de votre rédaction à une conférence de presse, qui se tiendra ce jeudi 14 février 2008, à 15 heures, au bar Napoléon, à Bastia.
Dr Laurence GABRIELLI, Dr Denis FAUCONNIER, Jean-Charles CHATARD |
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Dernière édition par Beate le 27. Avr 2008, 12:15; édité 1 fois |
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Beate
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Posté le: 25. Avr 2008, 17:19 |
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Tchernobyl / Corse : les élus responsables et complices du mensonge d'Etat
Par : Dr Denis Fauconnier et Jean-Charles Chatard, journaliste
A la veille du vingt-deuxième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, nous prenons acte du fait que les responsables de l'Assemblée de Corse n'ont pas tenu compte de nos inquiétudes exprimées au cours de la conférence de presse tenue le 14 février 2008, à Bastia.
En conséquence, nous vous informons de notre démission de la Commission «Tchernobyl» mise en place par la Collectivité Territoriale de Corse (CTC), le 12 juin 2006.
Pourquoi une telle décision ?
Notre statut de représentants de la société civile ne nous permet pas de cautionner l'action perverse de la Présidence de la CTC dont l'objectif est aujourd'hui de perpétuer indéfiniment et délibérément le mensonge de 1986.
Camille de Rocca Sera et Jean-Louis Albertini doivent rendre des comptes à la population : pas de registre des cancers, pas d'enquête épidémiologique indépendante (pourtant votée à l"unanimité par les 51 membres de l'Assemblée), et surtout, pas de reconnaissance des victimes insulaires contaminées par le nuage radioactif.
Tout se passe comme si la direction de la CTC, après la mise hors course pour l'appel d'offre des services de l'Etat (INVS, ORS Corse, INSERM), freinait des « 4 fers » la poursuite des travaux de la Commission en espérant la lassitude et l'enlisement au mépris de la volonté de ses membres. Et pourtant, la démarche initiée par l'Assemblée de Corse a été citée comme «novatrice» par de nombreuses régions françaises.
Nous aurions pu devenir une collectivité pilote, une collectivité modèle, capable de gérer elle-même sa propre destinée en matière de santé publique. En vain. Malgré nos efforts et la participation d'une épidémiologiste de renom, cette Commission « virtuelle » n'a été qu'un écran de fumée pour renforcer les intérêts personnels de certains hommes politiques corses aux ordres du Ministère de la Santé. Ils sont responsables du torpillage de la commission « Tchernobyl », ils se sont fait complices du mensonge d'Etat.
Le registre des cancers réclamé depuis 22 ans et promis depuis deux années par l'ex-Ministre de la Santé, Xavier Bertrand, n'a jamais été mis en oeuvre.
Et pourtant, celui-ci existe depuis longtemps en Nouvelle-Calédonie, à la Réunion, à la Martinique ... et à la Guadeloupe depuis novembre 2007 après l'affaire des pesticides dans les bananeraies.
En Corse, nous souffrons plus qu'ailleurs des retombées radioactives de Tchernobyl, des maladies causées par l'amiante environnemental et des effets nocifs des centrales thermiques.
Un registre des cancers, c'est non seulement un moyen d'étudier, de comprendre l'origine des maladies mais aussi c'est un moyen de protection des populations vis à vis de promoteurs peu scrupuleux d'industries et d'activités polluantes .
Dans ces conditions, nous nous retirons de cette Commission en espérant qu'une autre démarche, plus active, cette fois-ci, soit initiée par les deux départements de notre île.
signé : Dr DENIS FAUCONNIER et JEAN-CHARLES CHATARD, JOURNALISTE |
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doudoune58
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Posté le: 27. Avr 2008, 12:15 |
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Romandie News
| Citation: | Assemblée de Corse: le groupe de travail sur Tchernobyl doit reprendre ses travaux
MARSEILLE - Le groupe de travail de l'Assemblée de Corse sur les retombées dans l'île de la catastrophe de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl en 1986 doit remettre son rapport avant la fin du premier semestre, a promis samedi le président UMP de l'assemblée Camille de Rocca Serra.
"Après une suspension des travaux liée à la période électorale, le groupe de travail doit reprendre son activité" et remettre son rapport "avant la fin du présent semestre", selon un communiqué publié au 22e anniversaire de la catastrophe.
M. Rocca Serra "regrette" parallèlement la démission de deux membres du groupe, le docteur Denis Fauconnier et le journaliste Jean-Charles Chatard.
Ces derniers viennent d'annoncer leur démission en incriminant un "torpillage" des travaux du groupe qui doit proposer un cahier des charges pour une nouvelle enquête épidémiologique.
"Tout se passe comme si la direction de la Collectivité territoriale de Corse (...) freinait des quatre fers la poursuite des travaux en espérant la lassitude", ont estimé les deux démissionnaires dans un communiqué, en relevant qu'il n'y avait "pas de registre des cancers, pas d'enquête épidémiologique indépendante et surtout pas de reconnaissance des victimes insulaires contaminées par le nuage radioactif".
En réponse, M. Rocca Serra assure qu'il va "saisir à nouveau le ministre de la Santé" pour obtenir un registre des cancers pour la Corse et note que le groupe de travail n'est pas un comité scientifique et ne peut "se substituer à la justice".
L'Assemblée de Corse avait décidé en avril 2006 de financer une nouvelle enquête épidémiologique sur les retombées du nuage de Tchernobyl après une expertise établissant que les services de l'Etat avaient volontairement sous-estimé sa radioactivité, en particulier au-dessus de l'île, première région française atteinte par le nuage.
En décembre 2007, le tribunal administratif de Bastia avait rejeté la demande en réparation pour "faute lourde" déposée contre l'Etat français par deux Corses atteints de cancers de la thyroïde après la catastrophe de Tchernobyl. Leur avocat Me Emmanuel Ludot a saisi le Conseil d'Etat.
(©AFP / 26 avril 2008 22h15) |
http://www.romandie.com/infos/afp/d.....080426201534.jgy09kj0.asp _________________ Poids et thyroïde : mon parcours depuis deux ans et demi |
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doudoune58
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Posté le: 05. Mai 2008, 13:41 |
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| Citation: | Particulièrement touchée par le nuage de Tchernobyl en 1986, la Corse affiche aujourd’hui le taux record en France de cancers de la thyroïde. Le Dr Denis Fauconnier vient, avec le cineaste-journaliste Jean-Charles Chatard, de démissionner d’une commission réunie par l’Assemblée territoriale corse. Il proteste contre le report aux calendes grecques d’une étude épidémiologique et d’un registre des cancers. Coup de gueule.
Médecin généraliste en Haute Corse, le Dr Denis Fauconnier ne décolère pas : la Corse a été l’un des territoires français les plus touchés en 1986 par le nuage de Tchernobyl. Or la Corse détient aujourd’hui le record de France des cancers de la thyroïde. Depuis 22 ans, il réclame avec d’autres médecins, les élus et la population la mise en place d’un registre des cancers et une étude épidémiologique des cancers de la thyroïde et autres pathologies thyroïdiennes en Corse. La thyroïde est le « marqueur » le plus fort d’une contamination radioactive.
« Nos travaux ont été torpillés »
Le 26 avril dernier, il a démissionné de la commission créée par l’Assemblée territoriale de Corse. Cette commission tente vainement, depuis deux ans, de mettre sur pied le cahier des charges de la future enquête épidémiologique indépendante votée à l‘unanimité par l‘Assemblée Territoriale Corse en 2006. Contacté par Bakchich le 3 mai, le Docteur Fauconnier accuse : « Je démissionne parce que le travail de cette commission Tchernobyl fait l’objet d’un torpillage. Tout se passe comme si la direction de la Collectivité territoriale corse freinait des quatre fers la poursuite de nos travaux en espérant l’enlisement et la lassitude. ». Il poursuit : « Le registre des cancers réclamé depuis 22 ans ? Lors de sa venue en Corse en 2006 le ministre de la santé Xavier Bertrand s‘était, devant les élus territoriaux, engagé à le créer ; deux ans plus tard on a pas progressé, ce registre n’a jamais été mis en œuvre ».
Cancers trois fois plus nombreux chez les hommes
Le 14 février dernier, le Dr Fauconnier et un autre médecin, l’endocrinologue Laurence Gabrielli, avaient alerté les pouvoirs publics pour la énième fois, rappelant qu’outre l’incidence record des cancers sur l’île, « l’on constate une augmentation spectaculaire des affections thyroïdiennes (thyroïdites, nodules, goîtres) ».
Qu’en pensent les pouvoirs publics ? Personne ne conteste le fait que la Corse détient le record de France des cancers de la thyroïde. Le ministère de la santé lui-même reconnaissait en avril 2007 dans une réponse à une question parlementaire : « La Corse, particulièrement touchée par les retombées de l’accident (de Tchernobyl) et dont les taux de cancers de la thyroïde se situent, pour les hommes, à un niveau trois fois supérieur à la moyenne des autres départements étudiés ».
Le dépistage n’explique pas tout
Mais cette surfréquence est-elle attribuable au passage du nuage de Tchernobyl au dessus de la Corse ? C’est là que les avis divergent. Pour le ministère de la santé (avril 2007) : « Les études épidémiologiques menées par l’Institut national de Veille Sanitaire (NDLR : agence sanitaire sous tutelle du ministère de la santé) ne permettent pas de corréler l’augmentation des cancers de la thyroïde en France à l’accident de Tchernobyl (…) Il semblerait que cette augmentation du nombre de cancers de la thyroïde soit en partie liée à une modification des pratiques médicales ». En clair, il y a davantage de cancers parce que le dépistage est meilleur.
Cet argument est contesté avec force par le Dr Fauconnier : « C’est faux ! Ma fille, médecin, a fait une thèse sur 201 cancers de la thyroïde survenus en Corse entre 1986 et 2005, sa conclusion est que 8% seulement de ces cancers sont imputables à un dépistage précoce particulier. En d’autres termes, il n’y a que 8% des cancers thyroïdiens qui sont des microcancers de découverte fortuite sans manifestations cliniques ».
10% de la population corse souffrirait de problèmes thyroïdiens
S’agissant donc du lien entre l’incidence plus forte des cancers en Corse et la contamination due à Tchernobyl, il y a un fossé vertigineux entre la position des pouvoirs publics et les observations des médecins corses Fauconnier et Gabrielli. Selon la thèse officielle « l’InVS et l’IRSN ont évalué en 2000 entre 7 et 55 cas supplémentaires de cancers de la thyroïde attendus en France entre 1991 et 2015 du fait des retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl ». Mais les auteurs de l’étude précisent que ces projections sont à interpréter avec la plus grande précaution et que le lien entre les cancers et la contamination due à Tchernobyl n’est en aucun cas établi.
Fureur à nouveau du Dr Fauconnier : « Tout d’abord ces chiffres concernent uniquement les personnes qui avaient moins de 15 ans au moment de Tchernobyl. Et puis, surtout, ce que les médecins observent depuis 22 ans en Corse dans leurs cabinets est autrement plus inquiétant : en 1986, 5 cas d’hypothyroïdie néonatale ont été repérés en Corse, c’est 5 fois plus que le nombre de cas attendus. Pour l’homme, l’incidence standardisée du cancer de la thyroïde est 3 fois plus élevée que la moyenne nationale, c’est faramineux. Nous observons un nombre croissant de pathologies, 10 % de la population corse souffrirait de problèmes thyroïdiens ».
Un très fort faisceau de présomptions
Et il poursuit : « Tout cela est reconnu et officiel, nous sommes devant un très fort faisceau de présomptions dans la relation de cause à effet entre les pathologies thyroïdiennes et les retombées de Tchernobyl ».
Le Dr Fauconnier est un obstiné, il a cessé d’exercer mais il ne lâchera pas : c’est lui qui, le premier au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, avait alerté l’opinion et fait mesurer des taux de radioactivité en Corse, dont les résultats s’étaient avérés hallucinants, 10 à 100 fois plus élevés que les chiffres officiels. « Le registre du cancer, c’est 200 000 euros par an, nous avons fait venir une épidémiologiste de renom, le Dr Annie Sasco, qui a été auditionnée comme expert par la commission Tchernobyl. Pour elle aussi c’est la bonne solution que de créer ce registre des cancers ! Mais qu’attendons-nous ? ». | http://www.bakchich.info/article3643.html _________________ Poids et thyroïde : mon parcours depuis deux ans et demi |
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doudoune58
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Posté le: 30. Juin 2008, 20:17 |
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Réaction de la CRIIRAD suite à la publication de l’avis du Conseil scientifique de l’IRSN
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article4778
Reçu de Romain Chazel
Jeudi 2 avril 2006
TCHERNOBYL : 20 ans après, les services officiels français persistent dans la censure et la désinformation.
La CRIIRAD - Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité - est une association à but non lucratif qui s’est créée en mai 1986, au lendemain de Tchernobyl et s’est dotée d’un laboratoire spécialisé dans les analyses de radioactivité afin d’apporter aux populations une information alternative à celle des exploitants du nucléaire et de l’État.
Depuis 1986, la CRIIRAD a travaillé sur de très nombreux dossiers relatifs au nucléaire mais aussi à la radioactivité médicale et naturelle. Le dossier de Tchernobyl, et en particulier l’obtention de la reconnaissance, par les autorités françaises, des dysfonctionnements de mai 1986 est cependant resté tout au long des années au cœur de ses préoccupations que ce soit sur le plan des évaluations scientifiques, des analyses critiques ou des actions en justice.
Les démonstrations établies par la CRIIRAD concernent notamment :
1/ la sous-évaluation grossière de la contamination du territoire pendant toute la période de crise ;
2/ le refus d’application des recommandations et règlements européens visant à limiter la consommation d’aliments contaminés ;
3/ le défaut de protection des groupes critiques, et plus particulièrement des enfants (responsabilité aggravée par le fait qu’en 1988, les responsables français iront jusqu’à altérer la transposition d’une directive européenne afin de supprimer l’exigence de calculer des limites d’incorporation spécifiques pour les enfants ! (cf. décret n°88-521 du 18/04/88).
En réaction à son travail d’investigation et d’information, la CRIIRAD a essuyé des attaques virulentes mais caractérisées par 2 constantes :
1/ jamais de réponses aux arguments scientifiques et autres éléments de preuve avancés ;
2/ jamais de poursuite devant les tribunaux malgré l’importance des mises en cause publiques et nominatives (rappelons que c’est la CRIIRAD qui a poursuivi le Pr Pellerin pour diffamation, et non l’inverse !).
Où en est-on du côté de l’État français et de ses experts à 3 semaines de la commémoration du XXème anniversaire de la catastrophe ?
Les cartes qui prouvent le mensonge sont toujours tabou !
Dans les éléments de preuve que la CRIIRAD a communiqués à la Justice, figurent notamment les bilans établis les 7 et 15 mai 1986 par le SCPRI. Les évaluations de la contamination des sols qui figurent dans ces documents sont accablantes pour les responsables de l’époque. Elles sous-évaluent en effet d’un facteur 1 000 environ ( !) la quantité de radioactivité déposée sur le sol français. Ce travail est indéfendable et, pour cette raison, toute mention de son existence a été frappée d’interdiction. Les organismes et experts officiels sont allés jusqu’à falsifier des dates pour ne pas avoir à insérer les cartes des 7 et 15 mai dans leurs reconstitutions historiques.
L’avis du Conseil Scientifique de l’IRSN respecte l’interdit à la lettre.
Le rapport occulte ainsi les chiffres clefs de la contamination des sols et soutient que la « polémique » provient de données insuffisantes, comme s’il s’était agi d’un simple déficit d’information et non de la diffusion de résultats de mesure totalement erronés, sous-évaluant considérablement le risque et utilisés pour justifier l’absence de toute mesure de protection. Il y a tromperie et tromperie aggravée au sens du code de la consommation. Si les experts de l’IRSN considèrent que les chiffres SCPRI de mai 1986 - qui sont les chiffres de la période de crise pendant laquelle il faut savoir pour agir à bon escient - sont corrects mais seulement insuffisants, qu’ils osent les publier ! Pourquoi censurer des cartes qui ne sont qu’insuffisantes ?
La publication de cet avis intervient dans un phase critique de l’instruction que conduit Mme Bertella-Geffroy suite à la plainte déposée par la CRIIRAD le 1er mars 2001, conjointement avec l’AFMT et à ce jour plusieurs centaines de malades de la thyroïde. Il est difficile d’imaginer qu’il s’agit d’une coïncidence (surtout quand on connaît l’historique du dossier). De façon générale, depuis que la plainte a été déposée, les interventions des défenseurs de la gestion de l’État, et plus particulièrement du directeur du SCPRI, le Professeur Pellerin, n’ont cessé de se développer. La plus récente est certainement « l’appel solennel à la presse française », mais la plus éminente est sans conteste la « mise au point historique » rédigée par les professeurs Galle, Coursaget et Paulin, qui a été validée par les professeurs Tubiana et Aurengo et qui a reçu le soutien de l’Académie des Sciences (qui en a notamment assuré la diffusion). Le rapport de la CRIIRAD, qui inclut une critique sans concession de ce document, sera remis au plus tard le 18 avril prochain à Mme le Juge d’instruction et rendu public le 26 avril prochain. La CRIIRAD souhaite en effet que tous ceux qui ont tenté, et tentent encore, de faire obstacle à l’établissement de la vérité soient clairement identifiés et que leurs démarches soient portées à la connaissance de la Justice et du public.
D’ici là, la CRIIRAD essayera de déterminer le niveau de responsabilité des experts extérieurs à l’IRSN. En effet, autant l’on peut considérer que les membres de l’IRSN et de son Conseil scientifique sont informés des tenants et aboutissants du dossier et parfaitement conscients des enjeux, autant l’on peut s’interroger sur le niveau de connaissance des 5 experts extérieurs qui ont assisté le Conseil : Mmes CHAUMERLIAC et SIMMONDS et Mrs FEINBERG, MURITH et THIRY : sont-ils véritablement au fait de ce qui se joue ou ont-ils été manipulés ? Dans cette perspective, la CRIIRAD a demandé ce jour à M. Lacronique et à M. Repussard, respectivement président et directeur de l’IRSN, communication des coordonnées de ces 5 personnes.
La CRIIRAD aura d’ailleurs de nombreuses autres questions à leur poser. Ainsi, on peut lire dans l’avis du Conseil scientifique de l’IRSN que « pour les mesures réalisées après 1986, on ne peut qualifier d’optimal le choix des méthodes instrumentales et des protocoles ». Étant donné que cette conclusion s’applique aux évaluations de l’ensemble des laboratoires, et par conséquent au sien, la CRIIRAD demande que les arguments qui la sous-tendent lui soient présentés. En effet, les remarques qui figurent dans le rapport de l’IRSN s’appliquent sans réserve aux travaux du SCPRI qui sont entachés de graves irrégularités mais pas à ceux du laboratoire de la CRIIRAD qui a établi, et appliqué, des protocoles de prélèvement, préparation et analyses des échantillons spécialement adaptés à l’évaluation des retombées radioactives et tout à fait comparables aux travaux de référence conduits dans ce domaine à l’étranger. Puisque le Conseil scientifique de l’IRSN se permet d’émettre un jugement défavorable sur ce travail, il va falloir qu’il étaye ses accusations, documents et chiffres à l’appui ! C’est le moins que l’on puisse exiger d’un Institut public d’expertise qui déclare s’être doté d’une charte éthique !
Sur toutes ces questions, les responsables de la CRIIRAD sont disposés à être confrontés, de façon publique, à l’ensemble de leurs contradicteurs.
Par ailleurs, compte tenu de la gravité des faits et du contexte, la CRIIRAD a également demandé ce matin aux responsables de l’IRSN la liste des ministères de tutelle qui ont demandé l’établissement de ce rapport. Dès qu’elle disposera de cette information, la CRIIRAD demandera d’urgence un rendez-vous aux ministres concernés.
La CRIIRAD souhaite terminer sur une remarque importante pour l’avenir de notre protection.
Entre 1997 et 2003, une petite minorité de scientifiques appartenant à l’IPSN, puis intégrés à l’IRSN, avaient essayé de faire évoluer les choses dans le bon sens. Sous l’impulsion, notamment, de Didier Louvat, alors responsable du laboratoire de radioécologie de Cadarache, une carte de contamination validant les ordres de grandeur des évaluations de la CRIIRAD avait été publiée. C’est d’ailleurs cette publication qui a déchaîné les foudres de l’establishment nucléaire. Aujourd’hui, cette phase d’ouverture est définitivement achevée. Ceux qui avaient essayé de tourner la page de la désinformation ont quitté l’IRSN, partis à l’étranger ou dans d’autres organismes comme l’INERIS, et ceux qui sont restés sont aujourd’hui rentrés dans le rang ou remisés dans des placards et autres voies de garage.
En cas de nouvel accident, une chose est sure, il n’y aura pas une seule voix discordante au sein de l’Institut officiel d’expertise, tout le monde parlera d’une seule voix... et elle aura les mêmes intonations qu’en 1986 !
Pour plus d’information (et notamment consultation des bilans SCPRI des 7 et 15 mai 1986) :
www.criirad.com _________________ Poids et thyroïde : mon parcours depuis deux ans et demi |
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