lin
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Message: (p545845)
Posté le: 19. Juil 2021, 23:08
Merci. Ce message m'a été utile ! ont dit : Brittany, shannon, Without, Atsopie
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Un article qui rappelle combien il est nécessaire de faire preuve de recul et d' esprit critique face à l' information médiatique; à lire jusqu' au bout pour découvrir/redécouvrir les dérives d' une partie de la presse dans cette crise sanitaire:
"Absence d’enquête de terrain, «people-isation», perte de neutralité au profit d’un genre de militantisme, enquêtes à charge, dépendance totale envers la communication des agences gouvernementales et des industries, le journalisme tel que défini il y a 50 ans dans la Déclaration de Munich est en train de disparaître sous nos yeux, éclipsé par un «fact-checking» général aussi superficiel que biaisé."
Laurent Mucchielli
"Pour conclure:
Dans leur immense majorité, les journalistes contemporains se sont perdus. Étouffés par des contraintes budgétaires croissantes, ils ont soit abdiqué des ambitions démocratiques initiales et de la déontologie de leur métier en devenant de simples relais de la communication des puissants de ce monde, soit versé dans un journalisme d’opinion menaçant de verser dans le sectarisme. Or ni l’un ni l’autre ne semble satisfaire leurs concitoyens. Les sondages comme le « baromètre » annuel Kandar de La Croix ne cessent d’enregistrer la perte de confiance et de crédibilité de la presse dans l’opinion publique. A chaque publication de ces résultats, certains se posent des questions plus que pertinentes, à l’image ici en 2019 de Marc Baudriller dans Challenges : « Ce divorce manifeste doit interroger un décalage qui s’accuse entre une profession journalistique largement parisienne, très homogène au plan social et politique et, partant, de plus en plus coupée de son public. Les rédactions et leurs responsables n’échapperont pas à une remise en cause. L’univers médiatique préfère-t-il la course à l’audience à la responsabilité de l’avenir d’une société qui s’atomise ? Se réfugie-t-il dans une stigmatisation militante des extrêmes (qui représentent 40% de leur public selon les intentions de vote aux Européennes) au lieu de prendre en compte les maux qu’ils manifestent ? Choisit-il l’ivresse du maniement des statistiques à la description des réalités du terrain ? Enfin, les médias sont-ils le ferment ou le miroir de l’atomisation d’une société désormais incapable de se rejoindre même sur l’actualité ? ».
Dans cet article, nous avons voulu montrer que les raisons de ce « divorce manifeste » entre les citoyens et les journalistes tient avant tout au fonctionnement interne des entreprises de presse, aux liens de dépendance et d’intérêt qui se sont noués au fil du temps et qui font que, de nos jours, le terrain, l’enquête et l’investigation ont laissé la place à une sorte de fact checking généralisé qui n’est plus qu’un simulacre de journalisme revenant à « sermonner le public plutôt que critiquer le pouvoir », comme l’écrivait très justement Sophie Eustache dans Le Monde Diplomatique. C’est pourquoi il serait urgent que les journalistes quels qu’ils soient retournent sur le terrain, dans la vraie vie, se confronter à leurs concitoyens et rendre compte de leurs inquiétudes, plutôt que de leur faire la leçon du haut de leurs bureaux parisiens en appelant « complotisme », « populisme » ou « extrême droite » tout ce qui ne rentre pas dans les petites catégories manichéennes dans lesquelles nous enferment plus que jamais les puissances financières et politiques qui dominent notre monde, et toutes celles et ceux qui relayent leur communication de façon naïve ou intéressée.
https://blogs.mediapart.fr/laurent-.....ant-declin-du-journalisme |
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